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Nom : Rattachement de la Savoie à la France
Date : 26/03/2010

Conférence à Francin ce 26 mars 2010 organisée par l’Association "Les Voies de Notre Histoire"

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Sylvain Milbach

animée par Sylvain Milbach, Maître de Conférences à l’université de Savoie sur le thème " La Savoie à l’épreuve des libertés " (1848/1858).

Cette conférence était organisée en collaboration avec l’association "Les amis de Montmélian et de ses environs" Jean-Yves Sardella, Président, après avoir remercié Monsieur le Maire de Francin et les élus de leur présence, et excusé les personnalités retenues par ailleurs, a annoncé que le Conseil Général de Savoie avait attribué à l’association "Les Voies de Notre Histoire" le label : "150 ans d’Histoire française en Pays de Savoie".

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Quatre violons, sous la conduite de Madame Gateau, ont ouvert la soirée par un divertissement de quelques minutes.

Ils reviendront entre chaque intervenant.

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D’abord un rappel du centenaire du rattachement de la Savoie à la France. André Bataillard, qui avait visionné le film super8, tourné par Georges Morote

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Georges Morote

lors de l’événement en 1960 a suggéré de le présenter en ouverture de la soirée.

Transposé en DVD mais conservant toute son originalité, ce film de 7 minutes, vieux de 50 ans, raconte le fantastique pari de la commune de Montmélian organisant, en son temps un défilé de plus de 700 participants. Une salve d’applaudissements a accueilli ce programme et Georges Morote, ému, a simplement tenu à rappeler que le grand organisateur de cette parade,
tenue secrète jusqu’au matin, était Roger Girel, entre autre fondateur du Rallye cor que l’on a vu défiler.

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Françoise Vaisse

Françoise Vaisse est alors invitée à nous parler des élections en Savoie en 1860.

Elle nous apprend que le royaume de Sardaigne était scindé en divisions, provinces, mandements et communes lesquels sont gérés par des Conseils.
Les Conseils, divisionnaire et provincial, sont administrés par un Intendant nommé par le Roi. Le nombre de membres du Conseil varie en fonction du nombre d’habitants.

Le Conseil communal est lui même présidé par le Syndic lequel est nommé par le Roi. Le nombre de Conseillers communaux varie en fonction du nombre d’habitants (Francin, commune de moins de 3 000 habitants : 15 Conseillers)
Françoise évoquera ensuite le système électoral de 1848 à 1860 ou système censitaire. Le citoyen sarde ou italien, sachant lire et écrire, ayant au moins 25 ans et payant un cens a le droit de vote. Les notables sont également électeurs

  • Le plébiscite en Savoie :
    • 135 449 électeurs inscrits :
      • 130 839 votants
      • OUI : 130 533
      • NON : 235
    • A Francin 229 inscrits :
      • OUI : 228
      • abstention : 1

La plupart des Syndics en place sont devenus Maires après l’annexion. A Francin Auguste Naudin , Syndic est devenu Maire, Son adjoint est François Seyssel.
La conclusion de Françoise Vaisse se fera autour de François Bel, Syndic de Montmélian qui a vu sa carrière politique se libérer par la réunion de la Savoie à la France
Maire, puis Conseiller général, Président dudit Conseil il sera élu député de la Savoie jusqu’en 1885

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Sylvain Milbach va nous parler des années qui précèdent l’annexion. Quels sont les événements politiques, les déclencheurs qui vont nous conduire à l’annexion.
En fait il va remonter à 1815, la Savoie, française depuis 1792, est revenue dans le giron Sarde. En France nous sommes sous la Restauration.

Le Roi Victor Emmanuel 1er se positionne en Monarque absolu nous entrons dans le "Buon governo". Il faut faire table rase des acquis de la Révolution française et pour cela le Roi s’appuiera sur l’Eglise et la création du Corps de Police des Carabiniers. Les savoyards souvent appelés les "taiseux" pensent plus qu’ils ne disent, ils seront à l’écoute des prêtres profondément respectés et entendus à l’époque, en revanche les carabiniers ne sont pas acceptés.

Le Buon Governo durera jusqu’en 1848, heure du "Printemps des peuples" en Europe. Charles Albert est au pouvoir, il va promulguer le Statut dit "Albertin" et gouvernera dorénavant avec une Chambre et un Parlement. Avançons nous vers la démocratie , pas encore, mais les sujets deviennent citoyens.

1848, les Sardes comme les Savoyards découvrent les débats politiques. Il y a adhésion ou opposition. Les Libéraux s’opposent aux Conservateurs, les cléricaux aux anti-cléricaux. Une quantité importante de journaux nait. Ils peuvent être éphémères mais seront toujours renouvelés. Ainsi émerge une nouvelle attitude : Ce que l’on dit à l’église, ce que disent les prêtres et ce que l’on dit au "cabaret", ce que dit l’opinion publique.

Beaucoup de savoyards travaillent comme émigrés à Paris comme à Lyon. De Lyon une troupe prétendue savoyarde va se révolter et marcher jusqu’à Chambéry pour tenter d’y proclamer la République. On les appelle les "Voraces". Ils seront durement réprimés, voire massacrés, la République aura duré une nuit.

En 1858, Cavour, Premier Ministre de Victor Emmanuel II a un objectif : L’Unité Italienne. Pour cela il faut libérer l’Italie du Nord du joug autrichien. Il demande à Napoléon III de l’aider (Accords de Plombières) C’est la guerre contre l’Autriche de laquelle l’Empereur se retirera (Paix de Villafranca) et de ce fait ne tiendra pas ses promesses. La Savoie reste Sarde.
Nous sommes à un an de 1860.

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Françoise Vaisse/ André Bataillard