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Le moustique tigre, attention !

Le Moustique tigre, petit, silencieux et ça pique

C‘est la bébête qui risque de perturber votre été. Entré en France au début des années 2000, Aedes Albopictus, alias moustique-tigre colonise de plus en plus de départements de la métropole.
Un micro-insecte

Plus petit qu’une pièce d’un cent, il ne dépasse pas un centimètre d’envergure. Il est reconnaissable à ses rayures noires et blanches présentes sur le corps et les pattes. Originaire d’Asie du Sud-Est, il a voyagé de continent en continent via le commerce de marchandises, notamment de pneumatiques.
Une invasion massive

« Le moustique tigre est une espèce invasive, avec une plasticité écologique importante, qui s’adapte à tout type d’environnement, tropical comme tempéré », explique Frédéric Jourdain, chercheur au Centre National d’Expertise sur les Vecteurs (CNEV). Arrivé en France métropolitaine via l’Italie, il colonise de plus en plus de départements. Avançant le long des axes de communication, il s’est d’abord installé dans le bassin méditerranéen puis le sillon rhodanien avant de poursuivre sa route à l’Ouest vers Narbonne et Bordeaux, Il est aujourd’hui implanté dans au moins vingt départements, dont le plus au Nord est la Saône-et-Loire. Il devrait cet été étendre son territoire à toute la Bourgogne et la Franche-Comté voire l’Auvergne.
Des nuisances importantes

Discret mais agressif, « Aedes Albopictus pique aux heures extrêmes du jour, début de matinée, début d’après-midi et fin d’après midi : bref des périodes où les gens sont à l’extérieur », explique Frédéric Jourdain pour résumer le fort pouvoir de nuisance de ces petites bêtes.
Risques sanitaires

Mais ce qui inquiète surtout les pouvoirs publics, c’est la capacité potentielle du moustique tigre à transmettre des maladies infectieuses. C’est un vecteur de la dengue et du chikungunya. « Pour que le moustique transmette le virus, il faut plusieurs conditions : une forte présence de moustique ainsi qu’une présence de l’épidémie. En 2014, l’Institut national de veille sanitaire a recensé quatre cas autochtones de dengue en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et un foyer autochtone de chikungunya (11 cas confirmés) dans l’agglomération de Montpellier. Le virus était arrivé par les voyageurs revenant des DOM-TOM. Aucun cas n’a été recensé en 2015, notamment car l’épidémie est beaucoup moins forte Outre-mer », explique Frédéric Jourdain.
Comment s’en protéger ?

Pour vous protéger des piqûres, optez pour les vêtements longs ou les répulsifs. Mais l’essentiel est de s’attaquer à la source du problème, c’est-à-dire le moustique lui-même. Il se développe dans les zones urbaines où il y a de l’eau stagnante. Pour qu’il ne s’installe pas, il est donc important d’éliminer toutes les récipients qui retiennent l’eau. Le ministère de la Santé conseille de vider régulièrement les coupelles sous les vases ou de les supprimer ainsi que de vider les seaux, de les retourner et de les mettre à l’abri de la pluie ou encore de recouvrir de moustiquaire les bidons de récupération d’eau.